CORPS(US) : la délicate articulation du je-nous

COUV1ere Corpsus

4ème de couverture

Le jour où le corps m’a autorisée à parler sa langue…

Corp(s)-us évoque le vécu d’un corps, le mien, celui d’autres, de leurs perceptions à travers différentes dimensions sensorielles visibles ou intangibles.

Cet ensemble est une tentative pour faire résonner à travers les mots du corps ce qui fait tissu humain: nos failles, nos secrets, nos désirs. Notre vécu intime.

A travers ces témoignages poétiques et incarnés, nous retrouvons ce sentiment vital d’appartenance qui nous fait dire: « moi aussi, j’ai ressenti cela, quelqu’un a enfin compris ce que j’ai pu vivre. Donc je fais partie d’un tout, je ne suis plus seul. Je suis dans la trame du vivant parce que je ressens.»

Cette délicate articulation du je-nous contient la promesse d’un monde moins parcellaire et plus unifié dans l’interdépendance, grâce aux mots du corps.

De la rage, de la tendresse, de la joie et plein d’échos du vivant sensible et infini.

Est-ce que vous faites partie de ce livre ?

Dédicace inclusive ? (1/2)

« Aux corps qui m’entourent,

sans distinction de règne, d’espace,

de temps, de nom, de perception,

à ceux que je veux enlacer tendrement par mes mots. »

Oui, tu es dedans

toi fourmi, hikikomori, granit qui sourit,

mon arbre président,

toi qui n’es pas là,

toi qui demeures ici,

et toi qui reviens sous mille formes,

vous que je croise chaque jour,

vous mes peaux aimées,

vous-nous les rayons les sons le sel et le vent,

les visions le toucher passé-présent,

toi ma chair blessée illuminée,

toi phénix-ange revenu de tout,

nos groupes et nos troupes et toutes ces dynamiques,

nous nos tentatives pour créer du vivant partout tout le temps.

Dédicace inclusive? (2/2)

Beaucoup de séparations entre les corps.

Entre le corps de chair et d’autres matières.

Entre les corps dits normaux et dits différents.

Entre les corps dits humains et animaux.

Entre les corps dits animés et les corps des pierres, des arbres, des objets…

Entre les corps dits vivants et les corps des morts si vivants.

Moi, je suis celle qui veux toujours réunir.

Observer et ressentir toutes les facettes.

Et les mettre ensemble pour faire une ronde joyeuse.

Je mets ensemble

les corps souffrants, les corps différents, les corps absents, les corps vivants, les corps questionnants,

les corps à six pattes, les corps à racines et branches, les corps de quartz et de granit,

les corps anticycloniques et iodés, les corps irisés diffractés.

Les corps de mots transmis, lus, ces ensembles si vibrants qui perdurent et transportent l’énergie à tout jamais.

Ces rayons de lumière du vivant, en déplacement dans nos chairs et nos esprits.

Ils sont partout, consciences flottantes nous touchant quand nous savons les ressentir.

Je sens tout,

je reçois tout.

De tous ces corps.

Du vivant qui se meut en permanence malgré les apparences.

Et je mets ça ensemble, ça forme un corpus des échos du corps en poésie-témoignage, et il en naît mon livre CORP(S)-US.

CORP(S)-US, c’est « la délicate articulation du je-nous », parce qu’il transpose et transporte mon expérience et celle des autres que j’ai reçue, dans un espace où le singulier si intime rejoint l’universel.

« Comment on se sent dans le corps des autres? »

C’est ce que j’ai essayé d’écrire.

C’est pour vous, corps aux innombrables formes vibrant autour de moi et en moi.

Marion