Douleurs chroniques : le rôle guérisseur de la Voix

Guérison, healing en anglais, signifie complétude, entièreté. Il ne s’agit en rien d’éradiquer toute douleur mais davantage de ramener en soi un vécu d’unité. Aussi, la guérison intervient non pas en tant qu’acte curatif mais davantage comme un soin pour rapatrier en nous les parts oubliées, silenciées, refoulées. Retrouver contact de notre plein potentiel en intégrant notre vécu de façon responsable et apaisée.

Note : mes propos n’engagent que moi et n’ont aucune valeur prescriptrice. Je crois en l’absolue nécessité de fonder son expérience sur son propre ressenti et discernement. Ici, je partage simplement à partir de mon cheminement et mes compréhensions dans le corps et le coeur.

De la Voix qui ne s’est pas exprimée au corps qui parle par les douleurs

La douleur devient chronique à la façon d’un disque rayé, quand le corps veut parler mais n’a pas réussi à se faire entendre autrement. Plutôt que de se manifester par une grosse crise bien nette, voilà que les maux restent dans une forme de va-et-vient lancinant. C’est là que la douleur peut se loger, presque invisible parfois, souvent pas reconnue par nous-mêmes, minimisée ou ignorée par les autres.

Je ne peux m’empêcher d’y voir une stratégie du profil de la gentille fille ou l’enfant, employé, partenaire modèle qui ne veut pas déranger mais tente quand même de se faire une place. J’essaie de me faire remarquer, d’exister un peu pour le dehors, mais pas trop. Sauf qu’à force de rayer le disque, le corps en pâtit fortement.

Il n’est pas question pour moi ici de dresser un catalogue de symptômes ni de traiter des problèmes. Ils existent, ils sont réels.

Quand les voix du mental créent de la souffrance inutile

Trop de fois nous pouvons souffrir d’être seul avec notre souffrance physique ou mentale. J’aime me rappeler que la première étape de conscientisation vers la libération intérieure est celle du rôle du mental justement.

Un simple test suffit à me savoir où j’en suis avec ma vision de mon vécu relié aux douleurs chroniques:

« c’est dans la tête! » Est-ce que je veux de suite m’opposer violemment à cette assertion, est-ce que je cherche dans ce propos la confirmation que personne ne peut me comprendre ou me soulager? Est-ce que j’y vois une bonne raison de ne plus parler de ce qui me fait mal?

Tout n’est pas dans la tête, mais la souffrance inutile vient bien du mental. La deuxième flèche peut faire plus mal que la première, initiale, celle de douleur véritablement perçue par le corps. La deuxième flèche c’est celle du mental qui vient juger, culpabiliser, hyper réagir. Par rapport à ce que je sens, comment je fais avec mon vécu, je peux devenir le pire bourreau.

Par rapport à ce que les autres me renvoient, maladroitement, par ignorance, indifférence ou mépris, je peux aussi retourner le couteau dans la plaie en moi, ou rediriger ma colère, ma frustration, envers eux. Cela demeure un choix.

Vais-je transformer ma douleur en souffrance? Ou vais-je tenter, patiemment, de défaire peu à peu ces noeuds qui m’encombrent, que je rajoute inutilement quand ça ne va déjà pas très bien?

Deuxième test: comment est-ce que je parle de mon rapport au corps? Est-ce que mes douleurs chroniques prennent toute la place dans la façon dont je me perçois? Nous savons à quel point les déroutes du corps peuvent devenir des freins à de multiples niveaux et sur de nombreux plans de la vie quotidienne. Pour autant, nous ne sommes pas qu’un corps, nous ne sommes pas ce corps dans l’absolu…. quand nous mourons, notre être demeure tandis que l’enveloppe charnelle se délite. Mais l’être lui, demeure intact, l’énergie continue d’exister. Qu’on adhère ou non à cette vision, est-ce que nous ramenons toute notre expérience de vie, ce passage si court, à la douleur?

La façon dont j’utilise ma voix pour parler à mon corps, ou de mon corps, est révélatrice de l’espace que je laisse en moi à ma nature profonde, celle inaltérable qui ne dépend de rien, même pas de ces douleurs.

En clair : quelle place laissons-nous à la joie, au plaisir, à la gratitude d’être ici et maintenant?

Les pouvoirs de notre Voix pour nous alléger

La voix possède des vertus innombrables pour soulager le corps douloureux et le mental torturé.

Très simplement et succinctement, voici une petite liste de ces pouvoirs dans le cadre des douleurs chroniques:

  • chanter c’est mettre le corps en vibration. La résonance du son à travers tout le corps osseux, ainsi que la mise en mouvement des muscles respiratoires et des fascia, entraîne une détente physique et mentale.
  • chanter, émettre des sons, c’est entendre notre propre voix. En prendre conscience de façon de plus en plus subtile nous amène à une écoute profonde de nos propres besoins, limites, envies. Donc à mieux les respecter nous-mêmes ainsi qu’à les formuler clairement et pacifiquement devant autrui.
  • créer avec sa voix, bouger de façon intuitive et sans effort inutile, c’est redevenir acteur de sa propre santé. Créer du mieux-être est possible à partir de notre propre voix.
  • chanter peut aussi se faire à l’aide de sons spécifiques, de voyelles particulières, qui associés à des mouvements ciblés, libèrent le corps des tensions et recréent de l’espace. La forme des sons joue un rôle précis sur nos organes, nos sens, tout simplement notre plaisir à voiser.
  • créer des sons, des mélodies, improviser un mouvement, c’est retrouver le plaisir et donc donner au cerveau le signal que c’est ok, c’est sécure, d’emprunter ces nouveaux chemins. Se recréent ainsi de nouveaux circuits neuronaux associés au plaisir et au bien-être, qui peu à peu améliorent la tolérance à la douleur. Il est fondamental dans le cadre des douleurs chroniques de réapprendre à se faire du bien par soi-même pour envisager à nouveau le corps comme pourvoyeur de bien-être et d’autonomie de pensée et de création.

Corps vide ou oppressé, recréer un vide nourrissant par la plénitude la Voix

Toute la place que prennent les douleurs chroniques dans le corps et la tête sont à mon sens des tiroirs de paroles non exprimées.

Toute la place que l’on fait en dénouant les tensions physiques, en libérant le corps par l’émission vocale chantée, c’est du vide qui se crée pour se sentir léger, neuf, renouvelé, régénéré.

Il n’est pas nécessaire de verbaliser quoi que ce soit de son vécu pour accéder à cet allègement du corps et de la tête. Bien sûr, se raconter dans un cadre thérapeutique a son rôle. Mais dans l’espace de reconnexion et de création des séances de Bodyvoice flow, notre propre voix nous invite à refaire connaissance avec ces parties de nous délaissées, parce qu’étouffées ou minimisées. Alors l’équilibre se refait peu à peu, entre la souffrance qu’on traîne inutilement, et la joie qu’on porte toujours en nous comme notre nature véritable et inaltérable.

Ne croyez pas qu’il s’agisse d’un coup de baguette magique ou d’un déni des douleurs. Il s’agit de redécouvrir, et s’offrir le choix, de se vivre autrement. Et de retrouver la place pour le plaisir, l’insouciance, la liberté de choisir ce qu’on veut vivre et donner à vivre à son corps : le meilleur pour soi, selon nos propres besoins du moment.

La guérison passe par la création

Par expérience personnelle et professionnelle, je constate que nous sommes nombreux à présenter ce type de profil (une généralité qui ne nie évidemment pas d’autres exemples mais se veut purement didactique ici):

  • perfectionnisme allant avec un syndrome de l’imposteur, suradaptation aux contraintes
  • enfant intérieur blessé (parole non reconnue, traumas non résolus, identité souffrante)
  • tendance à être le sauveur ou le couteau suisse dans les situations professionnelles et personnelles (d’où burn out etc)
  • cerveau hyper efficient qui cherche l’information partout et teste toutes les méthodes et solutions possibles pour moins souffrir (c’est naturel, c’est le rôle de l’anxiété de chercher à rassurer le cerveau)
  • d’où une accumulation de savoirs mais pas de véritable connaissance de soi... puisque tout s’est joué de manière à « servir » voire se soumettre à l’extérieur, en niant la petite voix en soi qui demande simplement à vivre pour de vrai!

Cette connaissance, littéralement « naître avec », suppose d’aller à la rencontre de tout ce qui existe en nous. Ce chemin peut se faire de deux manières:

  • le chemin précédemment emprunté, fait de beaucoup d‘efforts, de tension, de dévouement jusqu’au sacrifice, et d’épuisement
  • ou bien un chemin qui nous apporte plus de compassion, de bienveillance, d’ouverture à nos possibles enfouis, dans le plaisir et la légèreté, sans nier nos ressentis, mais sans nous priver du mieux-être dès maintenant.

J’ai choisi cette Voie et c’est celle que je transmets. Parce qu’elle intègre cette dimension créatrice où chacun peut enfin prendre sa place en étant au plus près de ses besoins spécifiques, tout en déployant avec joie ses élans intérieurs. Ainsi, les ailes de plomb deviennent des ailes soyeuses qui prennent soin, délivrent, et expriment notre vérité du moment. En simplicité, en joie, en intégrité.

Si vous souhaitez en faire l’expérience, retrouvez-moi dans les séances de Bodyvoice flow ou à travers les programmes en autonomie.
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